qDepuis le début des années 1980, Denis Marleau élabore une œuvre théâtrale singulière pour la scène montréalaise et étrangère. Explorant autant la littérature des les avant-gardes historiques que le répertoire classique et les écritures contemporaines, ses créations se démarquent par sa direction de jeu, ludique et rigoureuse, et par son approche à la fois formelle et sensible de la mise en scène. Créateur de « fantasmagories technologiques », sa vision artistique puise son inspiration dans les arts visuels, la littérature et la musique actuelle. 

Né au Québec, Marleau développe avec constance depuis quarante ans une pratique théâtrale où s’entrelacent inventivité, rigueur formelle et transversalité. Formé en interprétation au Conservatoire d’art dramatique de Montréal, il effectue, au milieu des années 1970, un séjour d’études à Paris où il découvre le théâtre d’art. À son retour, il créé au Musée d’art contemporain de Montréal son premier spectacle-collage, Cœur à gaz & autres textes DADA (1981). Les créations suivantes, sous l’égide de sa compagnie UBU, Picasso-Théâtre (1985) – Merz Opéra (1987), Oulipo Show (1988), Cantate grise (1990), Les Ubs (1991), Luna-Park 1913, (1992) – imprégnées de l’esprit iconoclaste et radical  des esthétiques de la modernité,  se font remarquer par l’utilisation virtuose des techniques de jeu étendues à la voix. Se tournant vers les écritures contemporaines, le metteur en scène explore par la suite ensuite les univers de Koltès (Roberto Zucco, 1993),  Bernhard (Maîtres anciens, 1995), Tabucchi, (Les trois derniers jours de Fernando Pessoa, 1997), Fosse (Quelqu’un va venir, 2002), Pliya, (Nous étions assis sur le rivage du monde, 2005) et Loher (Le Dernier Feu, 2013). Il monte également plusieurs pièces de l’auteur québécois Normand Chaurette, parmi lesquelles Le passage de l’Indiana (1996) et Le petit Köchel (2001) qui sont créées au Festival d’Avignon. Il aborde parallèlement plusieurs œuvres du grand répertoire (Shakespeare, Molière, Lessing, Goethe, Büchner) et fait entrer Agamemnon de Sénèque au répertoire de la Comédie-Française (2011).

Avec la création de la « fantasmagorie technologique » Les Aveugles (2002) de Maeterlinck, applaudie sur trois continents, Denis Marleau s’engage, avec sa collaboratrice artistique Stéphanie Jasmin, dans une recherche approfondie sur l’intégration des nouvelles technologies de l’image et du son au théâtre, notamment au service du personnage vidéo. En écho à cette recherche théâtrale, ils conçoivent pour l’exposition La planète mode de Jean-Paul Gaultier – de la rue aux étoiles (2011), une création multimédia où des visages animés sont projetés sur des mannequins. Dans le domaine lyrique, Denis Marleau met en scène La trahison orale de Mauricio Kagel avec le Nouvel Ensemble Moderne  (1992) et  le Château de Barbe-bleue, de Bela Bartok au Grand théâtre de Genève  (2007).

Parallèlement à son travail de mise en scène, Denis Marleau se consacre à la transmission et anime plusieurs stages de formation dans divers pays et au Canada où il met en place « Les Laboratoires du Théâtre français » au Centre national des arts d’Ottawa, institution qu’il dirige de 2001 à 2007.

De nombreuses distinctions jalonnent son parcours. Deux fois lauréat du Prix du Gouverneur général du Canada (Prix du Centre national des arts, 1998 ; Prix de la réalisation artistique, 2012), il a aussi reçu plusieurs Masques de l’Académie québécoise du théâtre et plusieurs Prix de la critique. Il a été nommé chevalier de l’Ordre national du Québec (1999), chevalier de l’Ordre des arts et des lettres de France (2002) et officier de l’Ordre du Canada (2011). Il est également titulaire de deux doctorats honorifiques décernés par l’Université Lumière-Lyon 2 et par l’Université du Québec à Montréal.

In 2015 l'opéra L'Autre Hiver était présenté, en collaboration avec sa compagne Stéphanie Jasmin et LODcompositeur Dominique Pauwels.

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