(c) Kurt Van der Elst

Babel / 巴别塔

LOD / Steve Salembier
Portrait of a city
dim. 11 oct. - ven. 6 mai
11 oct.
-
6 mai

Babel / 巴别塔 est la dernière production de LOD / Steve Salembier.

Flottant le long de kilomètres de verre,
parmi les courants d’air raréfié entre les édifices,
nous apercevons à travers la vitre l’occupant
qui se laisse tomber sur son lit après une journée harassante.
Au-dessus, au-dessous et à côté, c’est la même chose.
Voilà la routine quotidienne de l’existence atomisée.

Après les spectacles Bildraum (2014), consacré à la maison, et In Between Violet and Green (2017), à propos du paysage, Steve Salembier propose dans Babel son portrait de la ville. Selon Salembier, Babel est la ville qui englobe toutes les villes, un lieu où l’éphémère est devenu un état permanent – où le cheminement est également une destination et où les lignes de métro, escalators et ascenseurs élèvent le déplacement au rang de rituel. L’épidémie de Covid-19 nous apprend que ce rituel peut aussi s’interrompre brusquement. La crise mondiale remet radicalement en question notre usage habituel des espaces de vie et de travail, et nous oblige à les redéfinir. Nous voilà soudain en train de participer à une réunion depuis la salle de bains, de camper dans notre séjour et, par nécessité, de faire quasiment tout à l’intérieur. Et si la confusion des langues qui s’abat sur la cité biblique n’était pas un châtiment divin, mais une invitation à s’adapter et à changer?

En direct sur le plateau, Salembier dissèque la métropole du XXIe siècle en tant que « biotope inadapté en permanence », où s’intensifie la tension entre la mégalomanie du paysage urbain et la réduction d’échelle dans l’intimité de l’individu esseulé. À l’aide de maquettes et de projections, en faisant appel à la photographie et à la vidéo, il démontre la mutation fondamentale des rapports entre l’être humain et son univers personnel, exposé tous les jours à des conditions extrêmes. Voguant sur les paysages sonores de ZONDERWERK (Linde Carrijn & Dijf Sanders), Babel sera un spectacle dans lequel la fréquence de respiration d’une ville cosmopolite contemporaine s’alignera sur les « beats » ; elle sera tantôt répétitive et incantatoire, tantôt d’une émouvante banalité.

En raison de la crise corona, la résidence de recherche de Salembier à Hong Kong a été annulée. La réalité a semblé raccrocher le projet et a contraint l'artiste, tout comme le reste de la population mondiale, à n'observer le monde extérieur qu'à travers des fenêtres et des écrans. Cette situation a incité Salembier à repenser Babel : et si la confusion des langues qui s'est abattue sur la ville biblique n'était pas une punition divine, mais une invitation à s'adapter et à changer ? Comme jamais auparavant et à une échelle sans précédent, la crise mondiale remet en question notre utilisation conventionnelle des espaces de vie et de travail. Comme la grande ville aujourd'hui, cette Babel est un chantier apocalyptique. Il est devenu à la fois une proposition, une invitation et une question : comment devons-nous nous comporter face à cette transformation ?


 

Sur les paysages sonores de ZONDERWERK, Salembier utilise des projections vidéo de maquettes magnifiquement détaillées pour montrer une ville qui se tait. Le résultat est un exercice de réflexion implorant et ondoyant sur la relation entre l'homme et la ville.

Crédits

conception, tecxte & performance Steve Salembier soundtrack ZONDERWERK (Linde Carrijn & Dijf Sanders) dramaturgie Tom Rummens lumière, son & vidéo Pino Etz délégué de production Eva De Wolf production LOD muziektheater avec le soutien de la mésure Tax Shelter du gouvernement federale belge tax shelter partner Flanders Tax Shelter

LOD-artistes & compositeurs